la consultation de l’adolescente

On me pose souvent la question : « A quel âge dois je accompagner mon adolescente chez le gynécologue ? »

Il n’y a pas d’âge déterminé pour lequel il faut aller voir une gynécologue car chaque jeune fille évolue à son rythme physiquement et psychiquement. Il n’y a donc pas de raison médicale pour une consultation systématique à un âge donné.

Plusieurs circonstances peuvent conduire à une consultation chez le gynécologue à l’adolescence :

  1. un symptôme clinique tel que dysménorrhée (règles douloureuses), ménorragie (règles très abondantes ),trouble du cycle, pertes anormales….
  2. le besoin d’une contraception
  3. la vaccination contre le cancer du corps de l’uterus
  4. le besoin d’information sur les changements du corps, la sexualité…

Il ne faut pas brusquer par des questionnements trop précoces, cependant à l’heure d’internet la confrontation avec la sexualité est plus précoce et plus violente et il est parfois plus facile de parler à une personne étrangère au cercle familial.

Les premières consultations sont essentielles car c’est de leur réussite que dépendent souvent tout le futur suivi gynécologique d’une femme.

Pourvoir parler de tout, en confiance, sans se sentir jugée c’est la clef d’une consultation réussie, c’est pourquoi j’essaie toujours de proposer un temps avec le parent accompagnateur et un temps de consultation seule à seule.

Le respect du secret médical est fondamental, il appartient à la patiente. Il doit se lier un lien de confiance  entre la jeune fille, sa mère et le médecin. Le parent confie son adolescente au  médecin et le medecin en retour respecte la relation parent-enfant tout en préservant le secret médical.

Il est primordial que l’adolescente sente son intimité protégée pour avoir une parole libre avec son médecin, des sujets tels que la sexualité, le tabagisme, l’alcool ou le cannabis sont souvent abordés. Le medecin a un rôle primordial de prévention.

Dans la très grande majorité des cas il n’y a pas besoin d’examen clinique, il ne sert donc à rien de s’angoisser à l’avance !

Un interrogatoire minutieux suffit par exemple pour prescrire la pilule ou donner un traitement pour les règles douloureuses. Il peut être parfois nécessaire,si le médecin suspecte un dysfonctionement, de faire une échographie pelvienne par voie abdominale ou une prise de sang.

Dans certains cas rares l’examen gynécologique peut s’avérer nécessaire alors le consentement de la jeune fille sera toujours indispensable. L’examen sera fait par voie vaginale seulement si la jeune fille a déjà eu des rapports sexuels après lui avoir bien expliqué chaque étape de l’examen.

Le premier frottis sera fait  de manière systématique 5 ans après les premiers rapports sexuels. C’est le moment pour proposer et expliquer la vaccination contre le virus HPV resposable du cancer du col de l’utérus.

Le premier examen gynécologique de contrôle  (en l’absence de symptôme) sera fait quand la jeune fille se sentira prête !